Carnets de Jean Lacotte
Bras de contournement du barrage à Savonnières - article NR août 2020
Le sujet était dans les cartons depuis plusieurs années, le Cher va connaître d’importants travaux à Savonnières ces prochains mois, avec la construction d’un bras de contournement de la rivière sur sa rive droite. 
Une décision qui fait suite à l’obligation de se mettre en conformité avec la loi et de rétablir la continuité écologique, c’est-à-dire permettre les remontées des poissons dans la rivière. En effet si une passe à poissons a bien été créée au début des années 2000, celle-ci se trouve être inefficace et les poissons restent bloqués par le barrage présent au niveau de la commune. 
Plusieurs solutions avaient été envisagées et notamment la destruction pure et simple du barrage en question, ce qui ne satisfaisait ni la commune (le barrage fait partie de son patrimoine et de son identité), ni la Métropole, contrairement à l’Agence de l’Eau qui avait privilégié cette solution dans un premier temps en raison des coûts moindres aux autres solutions. Finalement le scénario retenu en 2018 c’est la construction d’un bras de contournement de 200 mètres de long sur la rive droite, sur une parcelle en prairie naturelle non cultivée. 
Un bras pour les poissons, les bâteaux et les canoés-kayaks 
Ce bras de contournement (à l’image de celui réalisé à Civray-de-Touraine l’an dernier) permettra à terme de laisser passer les poissons donc, mais aussi de maintenir une activité de batelerie (ce qui n’aurait pas été possible avec la destruction du barrage), puisque permettant aux bateaux traditionnels d’y passer, tout comme les canoés-kayaks, une activité ludique de plus en plus prisée et qui pourrait à l’avenir se développer ainsi jusqu’à Villandry. 
Les travaux qui débutent cette semaine ont pour conséquence d’interdire l’accès à la plage de Savonnières, prisée aux beaux jours, pour raisons de sécurité. Pilotés par le Syndicat du Nouvel Espace du Cher, ces travaux ont été confiés sur appel d’offre à la société Vinci Terrassement Construction pour un montant d’1,3 million d’euros, financés par les collectivités territoriales et l’Agence de l’Eau.
à suivre ....
ci-dessous article de France bleue touraine
C'est donc un chantier très technique qui est donc en cours à Savonnières, un projet étudié pendant plusieurs années, et vraiment peaufiné dans le détail depuis plusieurs mois. Ce qui change avec un chantier traditionnel, c'est bien sûr la proximité avec le Cher. Vincent Loison est le directeur technique du Nouvel Espace du Cher, le syndicat créé pour gérer la rivière et ses affluents. "Le sable qu'on a dans le sol est complètement meuble. Il ne se tient pas. Donc s'il y a de l'eau qui circule dedans, il s'effondre au moment où l'on construit".  
 
D'où la nécessité de construire deux parois étanches en béton de chaque côté de la future rivière de contournement, des parois souterraines, pour lesquelles il a fallu faire venir une machine très spéciale qui circule dans toute l'Europe. Avant d'arriver à Savonnières d'ailleurs, cette trancheuse, sorte de bétonnière géante, était en Pologne. "On utilise des machines qui ne sont pas courantes, qui sont une immense trancheuse qui fait 10 mètres de long, et qui s'enfonce dans le sol en malaxant le ciment, le sable en place et de l'eau pour créer cette paroi en ciment".
A terme, cette rivière de contournement fera 250 mètres de long, sur 23 mètres de large. L'idée est de faire passer les poissons migrateurs, aujourd'hui bloqués par le barrage de Savonnières. L'idée est aussi de faciliter les activités nautiques. "Tant qu'à faire un investissement aussi important, on veut valoriser l'aménagement en permettant qu'il soit utilisé par les bateaux pour contourner le barrage, notamment les canoës. La rivière a été conçue pour que les bateliers du Cher de Savonnières puissent passer leurs bateaux par cette rivière de contournement pour aller sur la Loire".L'opération va coûter plus d'un million 350.000 euros hors taxes. Elle est notamment financée par le département, la région et l'Agence de l'eau. Le chantier est prévu pour durer jusqu'à mi-décembre, si les conditions météo le permettent. La rivière de contournement pourrait ainsi être opérationnelle au printemps 2021, en tout cas pour ce qui est du passage des poissons migrateurs.
Ce chantier en appelle d'autres, puisqu'il va aussi falloir modifier les barrages de Grand Moulin à Ballan-Miré et de Saint-Aignan dans le Loir-et-Cher. Ces nouveaux travaux auront lieu dans les quatre ans qui viennent. Les barrages de Tours et de Civray-de-Touraine, eux, ont déjà été équipés.